Vous envisagez de vendre votre logement en viager et vous vous demandez combien vous pourriez toucher dès la signature ? Le bouquet, cette somme versée comptant le jour de l’acte, est souvent le premier chiffre que l’on cherche à connaître.
Pourtant, son montant ne sort pas d’un chapeau : il dépend de la valeur du bien, de l’âge du vendeur et de ses priorités financières.
Dans cet article, nous détaillons pas à pas la méthode de calcul du bouquet, en viager occupé comme en viager libre, avec des formules claires et un exemple chiffré complet.
Bouquet en viager : de quoi parle-t-on exactement ?
Le bouquet désigne le capital que l’acheteur (le débirentier) verse au vendeur (le crédirentier) au moment de la signature de l’acte de vente chez le notaire. On peut le comparer à un apport dans un crédit immobilier : c’est la part du prix payée immédiatement, en une seule fois.
Le reste de la valeur du bien est ensuite converti en rente viagère, versée chaque mois jusqu’au décès du vendeur.
Dans la grande majorité des ventes en viager, un bouquet est prévu. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas calculé par une formule imposée : c’est un curseur que le vendeur positionne librement, en fonction de sa situation et de ses objectifs.
Le bouquet est-il obligatoire ?
Non. Aucune loi n’impose le versement d’un bouquet dans une vente en viager. Le cadre juridique du viager, défini par les articles 1968 à 1983 du Code civil, laisse les parties libres de s’accorder sur les modalités de paiement.
Un vendeur peut donc tout à fait renoncer au bouquet. Dans ce cas, la totalité du prix est convertie en rente, ce qui augmente mécaniquement son montant mensuel.
En pratique, cette configuration est rare. Un bouquet trop faible (ou absent) signifie une rente élevée, ce qui peut dissuader certains acheteurs.
À l’inverse, un bouquet qui couvrirait la quasi-totalité de la valeur du bien poserait un autre problème : l’administration fiscale pourrait requalifier la vente en transaction classique, avec les droits de mutation et pénalités correspondants pour vente déguisée.

Quelle fourchette de bouquet observe-t-on en pratique ?
Les montants varient selon le type de viager et les circonstances de chaque vente, mais on observe des fourchettes assez stables sur le marché.
| Type de viager | Fourchette courante du bouquet | Base de calcul |
|---|---|---|
| Viager occupé (avec DUH) | 20 à 30 % de la valeur occupée | Valeur vénale – DUH |
| Viager libre | 25 à 35 % de la valeur vénale | Valeur vénale (100 %) |
| Viager sans rente | 100 % de la valeur occupée | Valeur vénale – DUH |
Certains viagers sont conclus sans aucune rente : le vendeur perçoit l’intégralité de la valeur occupée sous forme de bouquet unique.
Cette formule, appelée viager sans rente, séduit les vendeurs qui préfèrent un capital immédiat plutôt qu’un revenu régulier.
Les 3 variables qui déterminent le montant du bouquet

Le bouquet n’est pas le résultat d’une formule rigide. C’est un montant négocié, mais encadré par trois paramètres fondamentaux qui structurent toute la logique économique du viager.
La valeur vénale du bien immobilier
Tout commence par l’estimation du bien. La valeur vénale correspond au prix que le logement atteindrait lors d’une vente classique, compte tenu de sa localisation, de sa superficie, de son état et des prix du marché local.
Cette estimation est réalisée par un notaire, un expert immobilier ou un professionnel du viager. C’est la base de tout le calcul : le bouquet représente un pourcentage de cette valeur (en viager libre) ou de la valeur occupée qui en découle (en viager occupé).
Une estimation faussée, trop haute ou trop basse, biaise l’ensemble de l’opération. Il est donc essentiel de faire appel à un professionnel pour cette étape.
L’âge et l’espérance de vie du vendeur
Plus le vendeur est âgé, plus le bouquet a tendance à être élevé. La raison est logique : à un âge avancé, la perspective de percevoir une rente sur de nombreuses années s’amenuise. Le vendeur a souvent intérêt à sécuriser un capital immédiat plutôt qu’à miser sur des versements mensuels dont la durée totale sera statistiquement plus courte.
L’espérance de vie du vendeur est estimée à l’aide des tables de mortalité de l’INSEE et du barème Daubry, la référence du marché du viager en France.
Lorsque le viager est conclu sur deux têtes (un couple), l’espérance de vie retenue est celle du dernier survivant. Cela allonge la durée prévisionnelle de versement de la rente et modifie la répartition bouquet/rente.
Les besoins financiers et les projets du vendeur
Au-delà des données chiffrées, le bouquet répond avant tout à un besoin concret du vendeur. Certains ont un emprunt à rembourser, d’autres souhaitent financer des travaux d’adaptation de leur logement, aider financièrement leurs enfants ou petits-enfants, ou simplement constituer une réserve de trésorerie.
Le choix du montant du bouquet est donc aussi un choix de vie. C’est ce qui explique que deux vendeurs dans des situations patrimoniales similaires puissent fixer des bouquets très différents : l’un privilégiera un capital élevé pour réaliser un projet immédiat, l’autre préférera un bouquet modeste au profit d’une rente mensuelle plus confortable.
Comment calculer le bouquet d’un viager occupé, étape par étape

Le viager occupé représente environ 90 % des transactions viagères en France. Le vendeur conserve le droit de vivre dans son logement jusqu’à son décès, ce qui implique une décote sur le prix.
Voici la méthode de calcul, décomposée en quatre étapes.
Étape 1 : estimer la valeur vénale du bien
Le point de départ est toujours le même : déterminer le prix que le bien aurait en vente classique, sans viager.
Cette estimation repose sur les méthodes habituelles de l’immobilier : comparaison avec les ventes récentes dans le quartier, analyse de la superficie, de l’état du bien et de sa localisation. Le notaire ou l’expert immobilier établit cette valeur, qui servira de base à tous les calculs suivants.
Étape 2 : calculer la décote d’occupation (le DUH)
Puisque le vendeur continue d’occuper le bien, l’acheteur ne peut pas en profiter immédiatement. Cette privation de jouissance se traduit par une décote, appelée Droit d’Usage et d’Habitation (DUH). Le DUH correspond à la valeur économique de l’occupation conservée par le vendeur pendant toute sa vie restante.
Deux méthodes de calcul coexistent.
La méthode fiscale, prévue par l’article 669 du Code général des impôts, attribue un pourcentage de la valeur vénale en fonction de l’âge de l’usufruitier, puis fixe le DUH à 60 % de cette valeur d’usufruit. Simple mais approximative, cette méthode est principalement utilisée pour les déclarations fiscales.
La méthode économique, utilisée par le barème Daubry et la plupart des professionnels du viager, est plus précise. Elle consiste à estimer le loyer théorique du bien, puis à additionner ces loyers sur toute l’espérance de vie du vendeur en les actualisant à un taux compris entre 2 % et 6 % (souvent autour de 4,5 %).
Le résultat reflète mieux la réalité du marché. Selon l’âge du vendeur et la localisation du bien, la décote représente généralement entre 15 % et 40 % de la valeur vénale.
Étape 3 : obtenir la valeur occupée du bien
La formule est simple :
Valeur occupée = Valeur vénale – DUH
C’est cette valeur occupée qui représente le prix réel de la transaction en viager occupé. C’est elle qui sera répartie entre le bouquet et la rente viagère.
Étape 4 : fixer le montant du bouquet
Le vendeur choisit le montant du bouquet, généralement entre 20 % et 30 % de la valeur occupée :
Bouquet = Valeur occupée × pourcentage choisi
Le capital restant après déduction du bouquet est ensuite converti en rente viagère :
Capital à renter = Valeur occupée – Bouquet
Ce capital est divisé par un coefficient de capitalisation fourni par le barème Daubry (qui tient compte de l’espérance de vie et du taux technique), ou plus simplement par l’espérance de vie exprimée en mois, pour obtenir la rente mensuelle.
Exemple chiffré complet : viager occupé d’un appartement à 250 000 €

Prenons le cas de Martine, 75 ans, propriétaire d’un appartement estimé à 250 000 € qu’elle souhaite vendre en viager occupé. Le rendement locatif moyen dans son quartier est de 4 %.
D’après le barème Daubry, son espérance de vie est d’environ 15 ans, et le coefficient de capitalisation correspondant est de 13,8.
Le loyer théorique annuel est de 250 000 € × 4 % = 10 000 € par an, soit environ 833 € par mois. En appliquant la méthode économique avec un taux d’actualisation de 4,5 % sur 15 ans, la valeur du DUH s’établit aux alentours de 85 000 €.
Valeur occupée = 250 000 – 85 000 = 165 000 €
Martine hésite entre deux niveaux de bouquet. Voici ce que donnerait chaque scénario :
| Élément | Scénario A (bouquet 20 %) | Scénario B (bouquet 30 %) |
|---|---|---|
| Valeur vénale | 250 000 € | 250 000 € |
| DUH estimé | 85 000 € | 85 000 € |
| Valeur occupée | 165 000 € | 165 000 € |
| Bouquet | 33 000 € | 49 500 € |
| Capital à renter | 132 000 € | 115 500 € |
| Rente annuelle estimée | 132 000 / 13,8 ≈ 9 565 € | 115 500 / 13,8 ≈ 8 370 € |
| Rente mensuelle estimée | ≈ 797 € | ≈ 697 € |
Avec un bouquet à 20 %, Martine perçoit 33 000 € à la signature et une rente d’environ 797 € par mois.
Avec un bouquet à 30 %, elle reçoit 49 500 € immédiatement, mais sa rente descend à environ 697 € par mois.
La différence de 100 € mensuels peut sembler modeste, mais sur 15 ans, elle représente 18 000 €, à mettre en balance avec les 16 500 € de bouquet supplémentaire perçus dès le départ.
Ce type de comparaison illustre bien pourquoi le choix du bouquet est un arbitrage personnel, qui dépend avant tout des projets et de la situation financière du vendeur.
Comment le bouquet se calcule-t-il en viager libre ?
En viager libre, le vendeur quitte le logement dès la signature. L’acheteur peut l’occuper ou le louer immédiatement. La grande différence avec le viager occupé : il n’y a pas de DUH à déduire.
Le calcul part donc de 100 % de la valeur vénale du bien.
Bouquet = Valeur vénale × pourcentage choisi
Le bouquet est logiquement plus élevé qu’en viager occupé sur un bien comparable, puisque la base de calcul est plus large. Il représente couramment entre 25 % et 35 % de la valeur vénale.
La rente, elle aussi, est supérieure à celle d’un viager occupé : l’acheteur paie davantage parce qu’il obtient la jouissance du bien dès le premier jour.
Pour reprendre l’exemple de Martine, si elle vendait son appartement de 250 000 € en viager libre avec un bouquet de 30 %, elle percevrait 75 000 € à la signature (contre 49 500 € en viager occupé), et sa rente serait calculée sur un capital de 175 000 € au lieu de 115 500 €.
Lisez l’article suivant pour plus de détails sur les différences à connaitre entre viager libre et viager occupé.
Bouquet élevé ou rente élevée : comment bien arbitrer ?
Il n’existe pas de répartition idéale universelle. Le bon équilibre entre bouquet et rente dépend de la situation de chaque vendeur, et aussi de ce que le marché est prêt à accepter côté acheteur.
Quand privilégier un bouquet élevé
Un bouquet important se justifie lorsque le vendeur a un besoin immédiat de trésorerie : rembourser un crédit, financer des travaux d’adaptation du logement, transmettre un capital à ses proches par donation, ou tout simplement se constituer une réserve de sécurité.
Cette option est aussi plus pertinente pour les vendeurs d’un âge avancé, pour qui la perspective d’une rente versée sur de longues années a moins de poids.
Sur le plan fiscal, le bouquet présente un avantage décisif : il est totalement exonéré d’impôt sur le revenu, contrairement à la rente.
Quand privilégier une rente plus forte
Si l’objectif principal est de compléter une retraite insuffisante et de sécuriser un revenu régulier sur le long terme, une rente élevée sera plus adaptée. Cette approche convient particulièrement aux vendeurs encore relativement jeunes et en bonne santé, qui peuvent espérer percevoir la rente pendant de nombreuses années.
La rente peut aussi être réversible au conjoint survivant : en cas de décès du vendeur, le conjoint continue de percevoir tout ou partie de la rente.
Par ailleurs, la rente est généralement indexée sur le coût de la vie, ce qui protège le pouvoir d’achat du vendeur dans la durée.
Le point de vue de l’acheteur compte aussi
Le vendeur ne fixe pas le bouquet en vase clos. Un bouquet trop élevé réduit le nombre d’acheteurs potentiels, car il nécessite des liquidités importantes dès la signature (les banques financent très rarement l’achat en viager).
À l’inverse, une rente trop forte peut décourager un investisseur, qui la percevrait comme un risque financier excessif.
Trouver le bon équilibre facilite la vente et réduit le délai de transaction. Pour les biens de grande valeur, la répartition est souvent ajustée pour maintenir la rente à un niveau jugé acceptable par le marché.
Le rôle du barème Daubry dans le calcul du bouquet

Le barème Daubry est la référence utilisée par la majorité des notaires, experts et professionnels du viager en France. Créé en 1995 par Maître Jacques-A. Daubry à partir de l’étude de près de 20 000 contrats viagers, il est régulièrement mis à jour pour intégrer les données les plus récentes de l’INSEE sur l’espérance de vie.
Concrètement, le barème fournit pour chaque profil de vendeur (homme, femme, couple, de 40 à 105 ans) plusieurs données essentielles : l’espérance de vie estimée, le taux de rente viagère, le coefficient de capitalisation, et les pourcentages de DUH et de nue-propriété.
Le taux technique retenu est d’environ 4,5 %, ce qui correspond au rendement implicite de l’opération pour le vendeur.
Le calcul s’enchaîne alors simplement : on multiplie le taux de DUH par la valeur vénale pour obtenir la décote, on soustrait le bouquet choisi de la valeur occupée, puis on multiplie le capital restant par le taux de rente pour obtenir la rente annuelle.
Le barème Daubry n’est toutefois pas sans limites. Il applique un rendement locatif relativement uniforme sur l’ensemble du territoire, alors que les réalités diffèrent fortement d’une ville à l’autre. Il ne tient pas non plus compte de l’état spécifique du bien ou de son attractivité locative réelle.
Pour cette raison, certains professionnels complètent le barème par une analyse actuarielle personnalisée, adaptée à chaque situation. Il existe aussi le barème fiscal de l’article 669 du CGI, mais celui-ci est destiné aux calculs fiscaux (successions, donations) et n’est pas adapté à la fixation du bouquet et de la rente dans une transaction réelle.
Fiscalité du bouquet : ce que le vendeur doit savoir
La fiscalité est un paramètre souvent sous-estimé dans le choix du montant du bouquet, alors qu’elle peut peser significativement dans l’arbitrage bouquet/rente.
Le bouquet est exonéré d’impôt sur le revenu
Le bouquet n’est pas considéré comme un revenu. Quel que soit son montant, il échappe totalement à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (CSG-CRDS).
C’est un avantage fiscal majeur par rapport à la rente, qui, elle, est partiellement imposable. Pour un vendeur dont la tranche marginale d’imposition est élevée, cette différence de traitement peut justifier de maximiser le bouquet au détriment de la rente.
Plus-value immobilière : une exonération fréquente
Si le bien vendu est la résidence principale du vendeur, la plus-value éventuelle est totalement exonérée d’impôt. C’est le cas le plus fréquent dans les ventes en viager.
Si le bien n’est pas la résidence principale (résidence secondaire, investissement locatif), la plus-value est soumise au régime classique avec des abattements progressifs pour durée de détention : exonération totale d’impôt sur le revenu après 22 ans, et exonération de prélèvements sociaux après 30 ans de détention.
Un point important à retenir : la plus-value est calculée sur l’ensemble du prix de vente en viager, c’est-à-dire la somme du bouquet et du capital théorique de la rente, pas uniquement sur le bouquet. Le vendeur doit donc s’assurer que le bouquet perçu à la signature couvre bien l’éventuelle imposition due.
La rente, elle, est partiellement imposable
La rente viagère est soumise à l’impôt sur le revenu, mais elle bénéficie d’un abattement fiscal qui dépend de l’âge du vendeur au moment du premier versement. Cet abattement est fixé une fois pour toutes et ne change plus par la suite.
Pour les vendeurs de plus de 69 ans (le cas le plus courant en viager), l’abattement est de 70 %. Cela signifie que seuls 30 % du montant de la rente sont imposables, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 % sur cette fraction.
En pratique, un vendeur de 75 ans percevant une rente de 800 € par mois ne déclare que 240 € imposables (30 % de 800 €). L’imposition effective reste donc très modérée, ce qui rend la rente fiscalement attractive même si elle n’est pas totalement exonérée comme le bouquet.
Les protections du vendeur en cas d’impayé
C’est l’inquiétude que tout vendeur porte en lui sans toujours la formuler : que se passe-t-il si l’acheteur cesse de payer la rente ? Le viager a prévu des garde-fous solides.
Le premier est le privilège du vendeur, inscrit dans l’acte notarié. Ce mécanisme donne au vendeur une priorité absolue sur le bien en cas de défaillance de l’acheteur. Il prime sur toute hypothèque que l’acheteur pourrait consentir à un tiers.
C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle les banques refusent généralement de financer un achat en viager : elles ne peuvent pas prendre une garantie prioritaire sur le bien.
Le second est la clause résolutoire, que tout vendeur avisé fait inscrire dans le contrat. Elle prévoit que si l’acheteur ne paie plus la rente pendant une période définie, la vente est purement et simplement annulée. Le vendeur récupère son logement et conserve l’intégralité des sommes déjà perçues (bouquet et rentes versées).
Le vendeur peut aussi prévoir dans l’acte une clause d’indexation automatique de la rente pour maintenir son pouvoir d’achat, ainsi qu’une clause de réversion au conjoint survivant.
Ce qu’il faut retenir avant de fixer son bouquet
Le bouquet n’est pas un chiffre que l’on subit : c’est un levier stratégique que le vendeur actionne en fonction de ses priorités.
Son montant repose sur trois piliers : la valeur vénale du bien, l’âge et l’espérance de vie du vendeur, et ses besoins financiers personnels. Ces trois éléments interagissent : modifier l’un change l’équilibre des autres.
En viager occupé, le calcul passe par une étape supplémentaire : la décote d’occupation (DUH), qui réduit la valeur de référence du bien et donc le montant du bouquet et de la rente.
Le bouquet est totalement exonéré d’impôt sur le revenu, ce qui en fait un outil fiscal intéressant par rapport à la rente. Mais un bouquet trop élevé peut réduire le nombre d’acheteurs potentiels et allonger le délai de vente. Le bon équilibre se trouve en tenant compte à la fois des besoins du vendeur et des capacités du marché.
Se faire accompagner par un professionnel (notaire, expert viager ou viagériste) est vivement recommandé. Un calcul bien fait et un contrat bien rédigé sont les meilleures garanties d’un viager réussi.
FAQ : calcul du bouquet en viager
Quel pourcentage du prix du bien représente le bouquet en viager ?
Il n’existe aucune règle légale qui fixe le pourcentage du bouquet. En pratique, il représente généralement entre 20 % et 30 % de la valeur occupée du bien en viager occupé, et entre 25 % et 35 % de la valeur vénale en viager libre. Le pourcentage exact résulte de la négociation entre vendeur et acheteur.
Peut-on vendre en viager sans bouquet ?
Oui, c’est juridiquement possible. Dans ce cas, la totalité du prix est transformée en rente, ce qui augmente significativement le montant mensuel perçu par le vendeur. Cette configuration reste toutefois peu fréquente, car une rente élevée peut dissuader les acheteurs.
À l’opposé, il est aussi possible de vendre en viager sans rente, en percevant un bouquet unique correspondant à la valeur occupée du bien.
Le bouquet est-il imposable ?
Le bouquet est exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, quel que soit son montant. La seule imposition éventuelle concerne la plus-value immobilière, qui bénéficie elle-même de fréquentes exonérations : totale si le bien est la résidence principale du vendeur, progressive avec la durée de détention dans les autres cas.
Comment le DUH influence-t-il le montant du bouquet en viager occupé ?
Le DUH (Droit d’Usage et d’Habitation) est la décote appliquée parce que le vendeur continue d’habiter le bien. Il réduit la valeur de référence selon la formule : valeur occupée = valeur vénale – DUH.
Puisque le bouquet est un pourcentage de cette valeur occupée, il est mécaniquement inférieur à celui d’un viager libre portant sur le même bien.
Le bouquet peut-il être financé par un prêt bancaire ?
En théorie, rien ne l’interdit. En pratique, c’est très difficile à obtenir. Les banques sont réticentes parce que le privilège du vendeur, inscrit dans l’acte de viager, empêche toute hypothèque prioritaire à leur profit.
Quelques solutions alternatives existent : hypothèque sur un autre bien, prêt personnel, ou choix d’un viager sans rente où le montant total est connu à l’avance et donc plus facilement finançable.
